Un pas de plus vers des organisations vivantes

Le 3e Atelier sur la Gestion Biophilique

Lundi dernier marquait le 3e atelier sur la gestion biophilique, une étape clé dans un cycle de quatre ateliers se déroulant entre le printemps et l’automne 2024. Ce projet unique, né d’une collaboration entre HEC Montréal, Espace pour la vie et Lupuna, nous permet, à une quinzaine de participants, d’explorer ensemble ce que pourrait devenir la gestion inspirée par la nature. Nos échanges, nourris par des perspectives variées – dirigeants, chercheurs, entrepreneurs, coachs et leaders communautaires – sont guidés par cette idée : réinventer la gestion pour qu’elle soit alignée avec la vie.

La biophilie, telle que définie par Edward O. Wilson, est “la tendance innée à porter notre attention sur la vie et ses processus.” Et c’est précisément cette attention au vivant que nous avons souhaité intégrer dans nos réflexions. Lors de ce 3e atelier, inspirés par une visite de l’Insectarium et son design biophilique, nous avons plongé dans une question centrale : À quoi ressembleraient nos organisations si elles s’inspiraient de la nature pour prendre soin de la vie en leur sein ?

Ce 3e atelier n’est qu’un jalon, mais la réflexion avait commencé bien plus tôt. Lors du 2e atelier, nous avons pris le temps de comprendre comment l’histoire de la vie organisée est marquée par une série de ruptures profondes. En voici quelques unes parmi celles-ci:

  • Rupture avec le rythme du travail, qui ne suit plus les cycles naturels de la vie.
  • Rupture avec la méthode : depuis l’ère de Taylor et Ford, tout a été structuré pour maximiser le contrôle des résultats, réduisant les employés à des forces de travail sans pouvoir ni réflexion.
  • Rupture avec le social, dévitalisant les lieux de travail autrefois des communautés vivantes.
  • Rupture avec le sens du travail, où le travail est perçu comme un simple moyen de générer des revenus, alors que beaucoup aspirent à une contribution plus profonde, plus alignée avec leurs valeurs et leurs rêves.

Et si la biophilie nous offrait une nouvelle voie ? Ensemble, nous avons exploré l’idée qu’un modèle de gestion biophilique pourrait non seulement réconcilier ces ruptures, mais offrir un cadre où les organisations et leurs membres prospèrent en harmonie avec leur environnement.

Nous avons réfléchi à l’importance de retrouver un rythme plus respectueux du vivant, où le travail ne serait plus seulement une course vers la performance, mais un processus conscient, respectueux des cycles naturels. Nous avons discuté de la manière d’introduire cette cyclicité dans la vie des organisations, avec des moments d’effervescence créative suivis de périodes d’intégration, de réflexion, d’action, de silence et d’écoute. Se réapproprier ces rythmes plus lents permettrait de sortir des dynamiques menant à l’épuisement et de bâtir des environnements où chacun peut s’épanouir.

Au cours de cet atelier, une autre idée s’est imposée : observer l’impact sur les humains. Tout comme on observe la nature pour comprendre l’impact des activités humaines, une organisation biophilique observerait l’épanouissement des individus comme indicateur de la santé organisationnelle. Ce modèle, en promouvant un alignement entre l’individu, l’organisation et la société, permettrait de réintroduire la réciprocité et de rompre avec la séparation artificielle entre vie professionnelle et personnelle.

Alors que nous approchons du dernier atelier, il reste encore beaucoup à découvrir. Mais ce qui m’enthousiasme le plus, c’est la profonde résonance entre ce que nous explorons dans ce laboratoire et le travail que je mène auprès des organisations. Ces organisations, encore émergentes au Québec, ressemblent à des arbres cachés dans une grande forêt boréale. Pourtant, comme le mycélium qui se répand sous terre, invisible mais vital, je crois fermement que ce nouveau paradigme organisationnel est sur le point de se propager.

Et vous, que diriez-vous d’une organisation qui prendrait soin de la vie autant que de sa productivité ?

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